Lorsqu’on s’implante à l’étranger, des questions se posent inévitablement, notamment concernant le choix de la structure juridique la plus adaptée au pays d’implantation ou les implications fiscales de cette création.
Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes relatives au développement d’une entreprise en France. Toutefois, avant de lancer votre projet en France, nous vous recommandons vivement de consulter un professionnel qui pourra prendre en compte les spécificités de votre activité.
Les entreprises étrangères souhaitant commercialiser leurs produits ou services en France disposent de plusieurs options d’implantation.
Elles peuvent créer une structure commerciale stable (telle qu’une succursale ou une filiale) ou « explorer le marché » grâce à une structure plus souple, comme un bureau de liaison.
LE BUREAU DE LIAISON
Le bureau de liaison ne peut exercer d’activité commerciale, son objet se limitant à la recherche et à la fourniture d’informations techniques et tarifaires, c’est-à-dire à la préparation des contrats commerciaux entre les clients et la société mère étrangère. En aucun cas, le bureau de liaison ne peut signer de contrats ni émettre de factures au nom de la société mère. De ce fait, il n’est pas soumis à l’impôt sur les sociétés ni à la TVA. Le représentant du bureau, qui doit résider en France, doit obtenir un titre de séjour s’il n’est pas ressortissant de l’Union européenne.
Le bureau n’ayant pas la personnalité morale, il n’est pas tenu de s’inscrire au registre du commerce. Ainsi, s’il le souhaite, une simple déclaration d’existence peut être déposée auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie du département où il sera implanté. Cette démarche permettra d’obtenir un numéro d’identification SIREN/SIRET (équivalent au NIF/CIF espagnol) qui sera nécessaire pour communiquer avec l’administration dans le cadre des obligations fiscales et sociales du bureau (par exemple, avec la sécurité sociale ou la direction générale du travail pour les questions relatives aux employés du bureau).
Toutefois, il peut être nécessaire, par exemple, de disposer d’un certificat d’immatriculation de société pour ouvrir un compte bancaire en France. Dans ce cas, l’immatriculation de la société doit être effectuée selon la même procédure que pour l’enregistrement d’une succursale.
L’AGENCE DE LA SUCCURSALE
Bien qu’elle ne possède pas de personnalité juridique propre, une succursale est considérée comme gérant une activité distincte de celle de la société mère. Par conséquent, contrairement à un bureau de liaison, une succursale :
Pour l’enregistrement, la société mère doit :
Obtention d’une adresse pour la succursale en France.
À cet égard, la loi française autorise l’immatriculation de la succursale à son adresse propre (locaux loués ou acquis), à une adresse commerciale enregistrée ou directement à l’adresse personnelle de son représentant légal.
LA FILIALE
Si une filiale est utilisée pour exercer une activité en France, une société juridiquement indépendante, régie par le droit français, doit être créée. Cette filiale peut adopter l’une des formes juridiques prévues par le droit français : société à responsabilité limitée (SARL), société anonyme (SA), société par actions simplifiée (SAS), société en commandite, etc. Dotée de sa propre personnalité juridique, la filiale peut conclure des contrats et gérer son activité en France en son nom propre. Elle sera par ailleurs pleinement soumise au droit fiscal français.
Mai 2016
Ce document a pour seul but d’informer et ne tient pas compte des circonstances particulières de chaque cas. Pour obtenir des informations complètes et adaptées à votre situation, nous vous recommandons de consulter un professionnel. Nous sommes à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans votre projet d’implantation ou de développement de votre entreprise en France.
Le présent avis a pour seul but d’informer et ne tient pas compte des circonstances particulières de chaque cas. Pour obtenir des informations complètes et adaptées à votre situation, nous vous recommandons de consulter un professionnel. Nous sommes à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans votre projet d’implantation ou de développement de votre entreprise en France.
La demande doit être accompagnée des documents suivants :
Une fois immatriculée, l’établissement stable peut être fermé à tout moment par simple demande auprès du Registre du Commerce et des Sociétés.
Mai 2016
Cette notice est donnée à titre informatif uniquement et ne tient pas compte des circonstances particulières de chaque cas. Pour obtenir des informations complètes et adaptées à votre situation, nous vous recommandons de consulter un professionnel. Nous sommes à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans votre projet d’implantation ou de développement d’entreprise en France.
Sauf disposition contraire de la convention fiscale internationale applicable, une succursale d’une société étrangère en France est soumise à tous les impôts commerciaux, au même titre qu’une société française, et doit par conséquent soumettre une déclaration annuelle de résultats aux autorités fiscales.
Cette obligation de déclarer les bénéfices implique directement l’obligation pour la succursale de tenir sa propre comptabilité, même si elle ne possède pas de capital ni d’actifs spécifiques distincts de ceux de la société mère.
Toutefois, la succursale n’est pas tenue de tenir une comptabilité en vertu du droit français et peut donc la tenir conformément à la réglementation du pays de la société mère. Dans tous les cas, le bénéfice imposable de la succursale sera calculé selon les principes spécifiques établis par l’administration fiscale pour les cas d’activité exercée simultanément en France et à l’étranger.
Parmi les principaux impôts auxquels est soumise une succursale d’une société étrangère, on peut citer les suivants :
IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS
Le taux normal d’imposition des sociétés est de 33,3 % du bénéfice imposable.
Un taux réduit de 15 % s’applique aux contribuables dont le chiffre d’affaires de l’exercice fiscal était inférieur à 7 630 000 € et qui remplissent les conditions suivantes :
Au moins 75 % du capital de la société appartient à des personnes physiques ou à une autre société
qui remplit toutes les conditions ci-dessus (chiffre d’affaires inférieur à 7 630 000 €, capital entièrement libéré et détenu par des personnes physiques, à hauteur de 75 % du capital).
Il convient toutefois de noter que, dans le cas des sociétés étrangères exerçant une activité en France, le chiffre d’affaires pris en compte par l’administration fiscale sera celui généré par l’ensemble des opérations du groupe et non pas seulement celui généré par la succursale en France.
LA CONTRIBUTION ÉCONOMIQUE TERRITORIALE
Toute personne physique ou morale qui, exerçant une activité professionnelle non salariée en France, est soumise à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu des personnes physiques, sera également soumise à la « Contribution Économique Territoriale » ou CET, qui consiste en :
L’assiette imposable de cet impôt est la valeur locative estimée des locaux utilisés par l’entreprise pour son activité commerciale durant la période de référence. Toutefois, les nouveaux établissements bénéficient d’une exonération totale l’année de leur création et d’une réduction de 50 % de l’assiette imposable la première année d’imposition, soit la deuxième année suivant la création.
Le taux applicable dépend de la localisation des locaux, le montant de l’impôt étant fixé par les communes.
Dans tous les cas, toutes les entreprises assujetties doivent s’acquitter d’un montant minimal d’ICF (Indice des Prix à la Consommation). Ainsi, même si l’entreprise est simplement domiciliée dans une commune et n’occupe donc aucun local, elle doit payer un montant minimal d’impôt, calculé en fonction de son chiffre d’affaires, au niveau du groupe.
Les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 152 500 € (hors TVA) sont également soumises à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Le chiffre d’affaires est calculé au niveau du groupe, et non au niveau de chaque établissement.
L’assiette imposable est la « valeur ajoutée », c’est-à-dire le chiffre d’affaires réalisé au cours de la période de référence, diminué des « charges attribuables » (à l’exclusion des loyers, des charges de personnel, des taxes et des redevances).
Le taux applicable est progressif et dépend du chiffre d’affaires de l’entreprise. Il varie de 0 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 500 000 € à un maximum de 1,5 % pour celles dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 50 millions d’euros.
Les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 152 000 € et 500 000 €, même si un taux de 0 % est appliqué, sont considérées comme assujetties à la TVA et doivent donc effectuer la déclaration correspondante.
LA CONTRIBUCION SOCIAL DE SOLIDARIDAD DE SOCIEDADES
Cet impôt, qui sera probablement supprimé en 2017, s’applique aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel excède 19 millions d’euros. L’assiette imposable sera donc le chiffre d’affaires excédant 19 millions d’euros.
Dans le cas des entreprises étrangères, le chiffre d’affaires pertinent est celui généré par leur succursale en France.
Mai 2016
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Une entreprise, établie à l’étranger, peut détacher temporairement ses salariés en France afin de réaliser une mission ou une prestation de services spécifique.
Le transfert de travailleurs de l’entreprise étrangère peut avoir lieu dans deux cas :
Dans les deux cas, vous devez :
DÉCLAREZ À L’AVANCE LE PERSONNEL REMPLACÉ
Cette déclaration doit être faite à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) de la région où les travailleurs seront transférés.
Démontrez que la société étrangère n’a pas été créée dans le seul but de relocaliser des travailleurs susceptibles d’être soumis à une législation du travail moins favorable.
À cette fin, il convient de prouver que la société étrangère exerce une activité commerciale significative dans son pays d’origine, en démontrant qu’elle y est légalement établie et que sa constitution et sa gestion sont conformes à la législation de ce pays.
OBTENIR LES PERMIS DE TRAVAIL NÉCESSAIRES POUR TRAVAILLER EN FRANCE.
Concernant cette obligation, il convient de préciser que seuls les travailleurs détachés depuis un pays tiers et n’étant pas ressortissants de l’UE auront besoin d’un permis de travail pour être détachés en France.
En effet, conformément au principe de la libre circulation des travailleurs, les ressortissants de l’UE et les ressortissants de pays tiers détachés par une entreprise légalement établie dans un État membre de l’UE peuvent bénéficier d’une exemption de permis de travail.
Toutefois, dans ce dernier cas, l’exemption de permis de travail sera possible sous réserve du respect des critères suivants :
Les procédures d’obtention des permis de travail dépendront du type de déplacement effectué, c’est-à-dire s’il s’agit d’un déplacement intragroupe (a) ou d’un déplacement dans le cadre d’une prestation de services (b).
Pour obtenir un permis de travail pour les travailleurs qui souhaitent être transférés, pour une durée supérieure à trois mois, dans une filiale ou une succursale de l’entreprise étrangère en France, les conditions suivantes doivent être remplies :
Le travailleur doit percevoir en France une rémunération brute au moins égale à
le salaire minimum français (tel que prévu par la convention collective applicable en France) x 1,5.
Si ces conditions sont remplies, l’entreprise doit soumettre la demande de permis de travail à la Direccte accompagnée de plusieurs pièces justificatives, qui doivent notamment comprendre :
Si les autorités françaises approuvent la demande de permis de travail, le consulat de France dans le pays d’établissement de l’entreprise étrangère adressera au travailleur le contrat de travail, certifié conforme par les services d’immigration, ainsi qu’un titre de séjour « travailleur en mission » renouvelable pour une durée de trois ans.
Une fois en France, le travailleur détaché devra justifier chaque année du maintien des conditions d’emploi et de rémunération. Si ces conditions ne sont plus remplies, malgré la période initiale de trois ans autorisée, les services d’immigration pourront révoquer son titre de séjour.
Si l’entreprise étrangère souhaite transférer ses travailleurs dans les locaux du client français dans le cadre de l’exécution d’un contrat de prestation de services, les conditions suivantes doivent être remplies :
Si ces conditions sont remplies, l’entreprise étrangère doit soumettre la demande de permis de travail à la Direccte accompagnée de plusieurs pièces justificatives, qui doivent notamment comprendre :
Après traitement de la demande, le consulat de France du pays d’établissement de l’entreprise étrangère délivrera au salarié un contrat de travail, certifié par les autorités d’immigration, ainsi qu’un visa de long séjour pour travailleur temporaire.
Ce visa a une durée maximale de 12 mois. À son expiration, il peut être renouvelé pour une nouvelle période de 12 mois, après quoi le salarié se verra délivrer une autorisation de travail temporaire (et non un simple visa). Cette autorisation est renouvelable indéfiniment par périodes de 12 mois pendant toute la durée de la mission du salarié.
Mai 2016
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